L’appellation Saint-Chinian

Histoire de Saint-Chinian

Récit d'une ville et d'une région destinées à la culture de la vigne

Le Saint-Chinian doit son nom au moine bénédictin Anhan, fondateur du monastère de Saint-Laurent, en 794, sur la rive gauche du Vernazobres. Il fut béatifié en 1102 et le monastère prit son nom Sanch Anhan qui devint Saint-Chinian au Moyen-Age. Les moines vont transformer l’endroit en paradis capable de produire tous les fruits de la terre. De 1351 à 1465 une lutte permanente opposera les fermiers aux abbés. Finalement, l’Abbé Renaud de Valon fut chargé d’organiser la vie économique du Saint-Chinianais sur des bases plus démocratiques. Malgré cela, les fermiers se soulèvent le siècle suivant et les guerres de religion menacent l’existence des abbayes. La charte n’évitera pas à Saint-Chinian la destruction. En 1536, la ville est détruite par le Baron de Faugères, calviniste, puis en 1578 par l’un des chefs de la révolte. Malgré les luttes intenses entre religieux et communauté, le village se développe. En 1752, la ville et les hameaux sont dans une situation florissante. Mais la révolution approche. Suite à la suppression des ordres, l’abbé ne fournissait plus la rente de froment aux pauvres et la famine arriva.

Après la révolution, les industries, principalement les manufactures de draps et de tanneries, déclinent, jusqu’à la terrible inondation de 1875 qui porta un coup d’arrêt définitif à l’industrie.
Le phylloxéra fait son apparition dans l’est du département mais la région biterroise, atteinte plus tard, avait pu se prémunir par la plantation de porte-greffes américains résistant à l’insecte. Saint-Chinian tire profit de cette nouvelle façon culturale et les travailleurs de l’industrie se tournent alors vers la culture intensive de la vigne.

Depuis plus d’un siècle, peu de mouvements d’envergure sont venus perturber l’économie de la région.
La recherche de qualité a débuté après la dernière guerre mondiale, avec l’ampleur considérable de ces vingt dernières années, a permis de faire connaître puis de promouvoir les vins du Saint-Chinianais, dont la notoriété grandit de jour en jour.

Sols, Climats et Cépages

La richesse de l'Appellation Saint-Chinian

Au Nord

Depuis plus de 300 millions d’années, c’est le royaume des schistes et grès de l’ère primaire où sur 2000 hectares de sols viticoles acides, retenant peu l’eau, la vigne doit s’adapter à la sécheresse. Les cailloux de schistes et de grès peuvent occuper 90% du volume du sol dès 40 cm de profondeur. La texture de ces sols est sablo-limoneuse en surface avec un gradient argileux en profondeur. Cette partie du terroir produit des vins fruités, souples et généreux.

Au Sud

Grandes formations calcaires déposées par la mer aux ères secondaire et tertiaire. Les terrains forment des plateaux étroits allongés selon une orientation nord-est / sud-ouest. Cette succession de bancs rocheux donnent au paysage ses caractéristiques: blancs lumineux des abrupts de roches vives qui se marient aux nombreuses nuances, roses ou rouges des bauxites, des grès ou des argiles. Dans les bas de pente ou les combes, les sols sont profonds, de texture limono-argileuse. La quantité de sable et de cailloux varie selon la roche mère, grès ou marne. Les vins de ce territoire sont des vins corsés, longs et typés.

Climats & Cépages


C’est un climat Languedocien, typiquement méditerranéen, marqué par des étés aussi chauds que secs et des jours de pluie peu nombreux. Le déficit hydrique dure du 15 mai au 15 août, soit 90 jours en moyenne.
Nous trouvons deux maxima de pluie, l’un étalé au printemps, l’autre plus fort et plus aigu en automne. Le nombre de jours de pluie, lié surtout aux fluctuations du marin (vent de la mer) est relativement faible (80 jours par an).
La moyenne annuelle des températures est supérieure à 14°C. Ces conditions climatologiques, excellentes pour la vigne, place la zone de Saint-Chinian parmi les secteurs viticoles méridionaux de grande réputation.
Choisis par les producteurs et l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine), l’encépagement du vignoble de Saint-Chinian est méridional, il donne tous leurs caractères aux vins. Le décret d’appellation dresse une liste limitative de cépages qui permettent d’élaborer les vins: Grenache noir, Syrah, Mourvèdre, Carignan noir, Cinsault noir et Lledoner pelut.

« L’altitude de certaines parcelles et de vieilles vignes de Carignan (entre 80 et 120 ans) permettent l’élaboration de vins rouges de garde et de vins blancs vifs dont la qualité témoigne de l’exigence de ce vigneron.

Luc Cabaret vous conseillera certainement d’associer leur vin rouge avec des coustillous de porc grillés sur des braises de sarments, accompagnés des fameux navets de Pardailhan…»

Les Grands vins du Languedoc Roussillon, Maison des Vins, Saint-Chinian

Maison des Vins, Saint-Chinian

« Situé au cœur de la garrigue, ce domaine de 30 ha produit aussi des huiles d’olive, dont une à la truffe sauvage. Côté vin, la belle intensité de ce 2008 élevé sur lies fines séduit d’emblée: agrumes et abricot aux côtés de notes florales.

Plus discrète, la bouche se montre ronde et fraîche à la fois, presque aérienne. À servir avec un feuilleté aux huîtres chaudes ou des encornets à la sétoise… »

Hachette Vin

Guide Hachette, 2010

« Il a du charisme, de la personnalité, de la chaleur et de la générosité. Un vin à l’image du beau-père auquel cette cuvée rend hommage. Elle illustre l’art du vigneron qui sait faire parler un vin à travers son terroir et ses racines.

La sélection rigoureuse de carignan, grenache, syrah, un élevage de dix-huit mois en barrique donnent à ce 98 un potentiel de garde. Il faudra le servir en carafe sur un gibier à plume. »

Hachette Vins

Guide Hachette, 2002